Les 6 mythes sur le piétonnier démystifiés / by Kwinten Lambrecht

Le « piétonnier » sera sans nul doute le mot bruxellois de l'année 2015, et probablement aussi celui de 2016 et 2017. Pas de « tax shift » ou de « logiciel de triche » pour nous. Non, parlons plutôt du « Piétonnier » ! La décision a finalement été prise en juin de cette année : une partie de la ville serait enfin rendue à la population. Cette lueur d'espoir dans le nuage de particules fines bruxellois fut rapidement assombrie par du bourrage de crâne et, par-dessus tout, des rumeurs alarmistes. Même de la part de membres de la coalition comme Marion Lemesre, qui plaidait récemment, tant qu'on était quand même occupé, de rouvrir à la circulation la Rue du Midi et l'esplanade à la Gare Centrale. If there's a God, please, give us bright and visionary politicians...

Retour sur les rumeurs alarmistes à propos du Piétonnier. Au cours des derniers mois et dernières semaines, j'ai bien tendu l'oreille et je suis parvenu à une (première) collecte de mythes. Je les ai résumés pour vous ci-dessous.

Cet argument est avancé par de nombreux critiqueurs du Piétonnier pour démontrer l'inutilité de « la chose ». Que faire de tout cet espace public maintenant ? Le recouvrir, ou le supprimer et en faire un grand parking ? La pluie fait partie de ce pays, mais cela signifie-t-il que toutes les places doivent y croire ? Pas question ! La pluie sonne mieux sur les arbres que sur la peinture des voitures.

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Sérieusement ? Le centre de Bruxelles regorge de parkings, souterrains et en surface. En outre, nos politiciens ont même veillé à ce que l'on puisse se garer gratuitement partout à partir de 18h ; ce qui rend le stationnement dans un garage souterrain totalement inutile ! Soyons un peu sérieux : le stationnement ne pose aucun problème pour les amateurs de voiture : autour de la Monnaie, il y a deux parkings, à De Brouckère, vous avez deux parkings, vous en trouvez sur le boulevard Anspach, à Rogier, Arts-Loi, à la Gare du Midi... et ainsi de suite ! Vous pouvez même vous stationner jusqu'au début du Piétonnier, et si vous êtes suffisamment discret, vous pouvez même stationner votre voiture au café OR dans la rue Orts. 

Plusieurs études indiquent que les cyclistes et les piétons dépensent plus d'argent par tête que les automobilistes, par exemple. Les coûts sont calculés sur la consommation de carburant, le parking, le temps perdu dans les embouteillages, etc. En outre, les cyclistes et les piétons sont moins liés par le temps. Donc, chers commerçants, réfléchissez un peu : est-ce que ces 30 à maximum 40 places de parking supplémentaires devant votre porte font une grande différence ? Je ne pense pas. Une bonne communication, en revanche, oui. 
Beaucoup dépend aussi de la politique : les gens doivent être « poussés » dans une direction donnée - à savoir la direction de la mobilité douce.

Non, les Bruxellois sont sales. Et ils aiment particulièrement le montrer dans les espaces publics. Si vous habitez à Bruxelles, vous connaissez la maladie du déversement illégal d'ordures de cette ville. Des déchets sont déversés à tout moment et en tous lieux, et il en va de même sur le Piétonnier. Mais il y a du changement en vue : Bruxelles-ville a fait de son mieux pour installer davantage de sacs poubelles et nous avons même des « poubelles intelligentes » ! 

Pour bon nombre de personnes, le Piétonnier n'est qu'une rue fermée. Pour d'autres, c'est un début ; pour les politiciens visionnaires, c'est le moment de créer une nouvelle structure urbaine, avec l'être humain comme point central. De très nombreuses villes ont oublié que la forme la plus efficace pour se déplacer existe depuis la nuit des temps : marcher, courir, ramper, flâner. Concevez vos villes en fonction de cette propriété et vous obtiendrez une toute nouvelle dynamique.

En outre, le Piétonnier est un lieu de rencontre, une agora indispensable dans une ville rapide où tout le monde vit ensemble mais ne se regarde plus. C'est un lieu pour le sport et le jeu, pour le débat, pour un rendez-vous...

Le piétonnier a aussi quelques effets secondaires très importants : la qualité de l’air s'est, par exemple, beaucoup améliorée sur le boulevard Anspach, et on y entend à nouveau les oiseaux gazouiller...

J'entends souvent ce reproche. Comparez cela à la construction d'une maison après la première semaine : « j'aimerais bien une nouvelle maison, mais pas dans ce trou ! » Cela ne se dit pas non plus, n'est-ce pas ? Non, c'est le produit final qui importe !